Pentax MX, ME et ME Super : quel reflex compact Pentax choisir pour débuter

Pentax MX avec objectif SMC Pentax-M 50 mm f/1,4, vue de face

Entre 1976 et 1979, Pentax sort trois reflex compacts qui s’adressent à trois usages différents : le MX entièrement mécanique, le ME automatique pur, et le ME Super qui ajoute au ME un mode manuel à boutons. Tous trois utilisent la monture K et acceptent les objectifs SMC Pentax K, M et A. Ce guide les compare et propose un choix par profil.

Le contexte 1976 : Pentax mise sur la compacité

En 1972, l’Olympus OM-1 montre qu’un reflex 24×36 peut être nettement plus petit et plus léger que les gros boîtiers de l’époque (Nikon F2, Canon F-1). Les constructeurs japonais suivent avec leurs propres reflex compacts.

Pentax répond fin 1976 avec deux boîtiers sortis à quelques semaines d’écart au Japon : le MX en novembre, le ME en décembre. C’est le début de la gamme M, accompagnée d’objectifs SMC Pentax-M plus petits, qui restera au catalogue jusqu’au milieu des années 80.

Pentax MX (1976-1985) : le mécanique pur

Le MX est un reflex compact entièrement mécanique, pour ceux qui veulent un boîtier qui ne dépend pas d’une pile pour photographier.

Obturateur à plan focal mécanique, vitesses 1/1000 s à 1 s + B, synchro flash X à 1/60 s. Le déclenchement fonctionne sans pile. La pile n’alimente que le posemètre.

Mesure TTL affichée par 5 LED dans le viseur : une verte au centre pour l’exposition juste, deux orange pour un écart d’un demi-IL, deux rouges au-delà. C’est plus facile à lire que l’aiguille du K1000, surtout en faible lumière.

Construction métal. Dimensions environ 136 × 83 × 49 mm, poids 495 g. C’est l’un des reflex 24×36 les plus compacts de l’époque, au gabarit de l’Olympus OM-1, à quelques grammes près.

Bouton de prévisualisation de profondeur de champ présent (le K1000 n’en a pas).

Face à l’Olympus OM-1 et au Nikon FM (1977), le MX joue la même carte : un manuel compact et sérieux. Sa production s’arrête au milieu des années 80 (1984 ou 1985 selon les sources).

Pentax ME (1976-1979) : l’automatique pur

Le ME sort en même temps que le MX, pour un public différent. C’est un boîtier uniquement automatique, en priorité à l’ouverture. Il n’a pas de mode manuel.

Obturateur à plan focal à commande électronique. Vitesses calculées par le boîtier de 8 s à 1/1000 s. Pas de molette des vitesses : à sa place, un sélecteur à quatre positions, L (verrouillage), AUTO, 100X et B.

En AUTO, vous choisissez l’ouverture sur l’objectif, le boîtier calcule la vitesse. C’est tout. La position 100X donne une vitesse mécanique fixe de 1/100 s, pour le flash ou si la pile est morte. B, la pose longue, fonctionne aussi sans pile.

Cette simplicité est voulue. Le ME vise ceux qui veulent un reflex 24×36 sans apprendre la mesure manuelle. Dans l’esprit, c’est un cousin du Canon AE-1, mais en priorité à l’ouverture et non à la vitesse.

Le ME est un peu plus petit et plus léger que le MX : environ 131 × 82,5 × 49,5 mm et 460 g. Il est remplacé en 1979 par le ME Super.

Pentax ME Super (1979-milieu des années 80) : la synthèse

Fin 1979, Pentax sort le ME Super. Il ajoute un mode manuel sans revenir à la molette des vitesses : deux boutons, à gauche du déclencheur, font monter ou descendre la vitesse d’un cran.

En manuel, une LED verte s’allume face au repère M, une autre indique la vitesse que vous avez choisie, et une LED rouge clignote face à OVER ou UNDER si l’exposition sort de la plage. Le boîtier ne vous affiche pas la vitesse qu’il conseillerait. En automatique, les LED indiquent la vitesse calculée.

La plage s’élargit par rapport au ME : 4 s à 1/2000 s, en automatique comme en manuel. Le 1/2000 s était une vraie avance pour un reflex compact de 1979. Deux positions restent mécaniques et marchent sans pile : 125X (1/125 s, la synchro flash) et B.

Le gabarit reste compact : environ 131,5 × 83 × 49,5 mm, 445 g. Le ME Super reste au catalogue jusqu’au milieu des années 80, à côté du MX et du Super A (1983).

Lequel choisir en 2026 selon votre profil

Si vous voulez apprendre l’exposition manuelle dès le départ

Le MX est le choix le plus pédagogique. Sans automatisme, vous comprenez la relation vitesse, diaphragme, sensibilité dès la première pellicule. Les LED du viseur vous donnent un retour immédiat. Et comme il est mécanique, il déclenche même avec une pile morte.

Si vous voulez démarrer en argentique sans calculer en permanence

Le ME est fait pour ça. Priorité à l’ouverture, point. Vous choisissez la profondeur de champ avec la bague d’ouverture, le boîtier calcule la vitesse, vous déclenchez. En intérieur, en lumière changeante (rue, café, fête), c’est un vrai confort. Le revers : sans pile, il ne vous reste que 1/100 s et B.

Si vous voulez la polyvalence sans le poids du LX

Le ME Super est probablement le meilleur compromis des trois. Vous avez l’automatique du ME et un vrai mode manuel, dans un boîtier compact. La seule contrepartie, c’est le réglage à boutons au lieu d’une molette. Au bout de quelques pellicules, le geste devient naturel.

Notre traitement à l’atelier

Les trois boîtiers passent par le même protocole que les autres reflex de l’atelier (voir l’article K1000 pour le détail). Ce que nous regardons en plus sur chacun :

Sur le MX, le sélecteur de vitesses mécanique et les contacts de l’affichage LED. Avec les années, ils s’oxydent et la mesure devient erratique.

Sur le ME, le sélecteur et les deux positions mécaniques, 100X et B, qui doivent fonctionner sans pile.

Sur le ME Super, les deux boutons de vitesse. Sur les exemplaires très utilisés, leurs contacts s’oxydent : nous les nettoyons et vérifions chaque cran.

Les Pentax K que nous révisons passent en boutique au fil de l’atelier, quand ils sont prêts. Voir les reflex reconditionnés en boutique.

Cet article fait partie du Dossier Pentax K : histoire de la monture, boîtiers, lexique des sigles et travail de l’atelier.

Pour aller plus loin

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