Entre 1976 et 1980, Pentax sort trois reflex compacts qui partagent la même base mécanique mais s’adressent à trois usages différents : le MX entièrement mécanique, le ME automatique pur, et le ME Super qui combine automatique et manuel push-button. Tous trois utilisent la monture K et acceptent les mêmes objectifs SMC Pentax M, K et A. Ce guide compare les trois et propose une recommandation par profil.
Le contexte 1976 : Pentax mise sur la compacité
Au milieu des années 70, Olympus a lancé la gamme OM avec l’OM-1 (1972), boîtier compact à plan focal qui réduit drastiquement la taille des reflex 24×36 par rapport aux standards de l’époque (Nikon F2, Canon F-1). Le succès commercial de l’OM-1 oblige tous les constructeurs japonais à proposer leur propre reflex compact à partir de 1975.
Pentax répond en 1976 avec deux boîtiers compacts simultanés, MX et ME, qui partagent la même base mécanique mais ciblent deux profils d’utilisateurs différents. C’est l’amorce de la gamme M, qui restera produite jusqu’au milieu des années 80.
Pentax MX (1976-1985) : le mécanique pur
Le MX est un reflex compact entièrement mécanique, conçu pour les pros et les amateurs avancés qui veulent un boîtier sans dépendance électronique. Caractéristiques :
Obturateur à plan focal mécanique, vitesses 1/1000 s à 1 s + B. Le déclenchement fonctionne sans pile. La pile bouton n’alimente que le posemètre.
Mesure TTL à diodes LED dans le viseur (5 LED qui indiquent la sous-exposition, l’exposition juste, et la surexposition). Cette mesure à LED est plus précise que la mesure à aiguille du K1000, et plus rapide à lire en faible lumière.
Construction tout métal (capot, fond et baïonnette en alliage de magnésium). Dimensions 135 × 83 × 49 mm, poids 495 g. C’est l’un des reflex 24×36 les plus compacts de l’époque, équivalent à l’OM-1 en taille mais 30 g plus léger.
Bouton de prévisualisation de profondeur de champ présent (contrairement au K1000 qui en est dépourvu). Sélecteur de vitesses standard, sélecteur ISO sur le dessus du boîtier.
Le MX est positionné comme un boîtier semi-pro, alternative directe à l’Olympus OM-1 et au Nikon FM (1977). Production de 1976 à 1985, environ 800 000 exemplaires selon les estimations.
Pentax ME (1976-1981) : l’automatique pur
Le ME est sorti en même temps que le MX, mais s’adresse à un public différent. C’est un boîtier uniquement automatique en priorité ouverture. Aucun mode manuel n’est disponible.
Obturateur à plan focal électronique. Vitesses calculées par le boîtier de 1/1000 s à 8 s. La bague de vitesse classique est absente du dessus du boîtier ; à sa place, un sélecteur AUTO / MANUEL 1/100 / B avec deux positions secondaires (LOCK pour verrouillage et compensation d’exposition).
En mode AUTO, vous choisissez l’ouverture sur l’objectif, le boîtier calcule la vitesse et déclenche. C’est tout. En mode MANUEL 1/100, vous avez accès à la seule vitesse 1/100 s (utile pour la synchro flash si le boîtier est en panne de pile). En mode B, vous avez la pose longue manuelle.
La simplicité d’usage est volontaire. Pentax positionne le ME comme un boîtier pour photographes débutants ou intermédiaires qui veulent un reflex 24×36 sans avoir à apprendre la mesure manuelle. C’est l’équivalent du Canon AE-1 dans l’esprit (mais en priorité ouverture, pas priorité vitesse).
Construction identique au MX (même base mécanique, même dimensions, même poids 460 g), mais avec un capot plastique sur certaines parties pour réduire le prix.
Pentax ME Super (1980-1985) : la synthèse
Quatre ans après le ME, Pentax sort le ME Super, version améliorée qui ajoute le mode manuel sans réintroduire la bague de vitesse classique. La solution Pentax est ingénieuse : deux boutons push-button (un + et un -) sur le dessus du boîtier permettent de monter ou descendre la vitesse manuellement par paliers d’un IL.
En mode MANUEL, vous appuyez sur + pour monter la vitesse, sur – pour la baisser. La vitesse choisie s’affiche dans le viseur via le système LED. Vous voyez en parallèle la vitesse mesurée par le posemètre (en LED rouge) et la vitesse sélectionnée (en LED verte) et vous ajustez selon votre intention.
La plage de vitesses du ME Super est élargie par rapport au ME : 1/2000 s à 4 s en automatique, 1/2000 s à 4 s + B en manuel. Le 1/2000 s est une amélioration significative pour un reflex compact de 1980.
Le mode flash X synchronise à 1/125 s (au lieu de 1/100 s sur le ME), ce qui change pratiquement peu mais signale la maturation mécanique du modèle.
Construction toujours compacte (138 × 85 × 50 mm, poids 460 g). Le ME Super est commercialisé jusqu’en 1985, en parallèle du MX et du nouveau Super A (1983).
Lequel choisir en 2026 selon votre profil
Si vous voulez apprendre l’exposition manuelle dès le départ
Le MX est le choix le plus pédagogique. L’absence totale d’automatismes oblige à comprendre la relation vitesse/diaphragme/sensibilité dès le premier rouleau. Les diodes LED dans le viseur donnent un retour visuel immédiat sur l’exposition choisie, ce qui accélère l’apprentissage par rapport à la mesure à aiguille du K1000. C’est aussi un boîtier mécanique sans pile, donc utilisable en zone froide ou en panne d’alimentation.
Si vous voulez démarrer en argentique sans calculer en permanence
Le ME (pas le ME Super) est conçu pour cet usage. Priorité ouverture, basta. Vous choisissez votre profondeur de champ avec la bague d’ouverture, le boîtier calcule la vitesse, vous déclenchez. Pour photographier en intérieur, en lumière naturelle changeante (rue, café, événement), c’est un confort réel. Inconvénient : si la pile lâche, le boîtier ne fonctionne plus (sauf en mode 1/100 mécanique de secours).
Si vous voulez la polyvalence sans le poids du LX
Le ME Super est probablement le meilleur compromis des trois. Vous avez le mode automatique du ME et le mode manuel du MX, dans un boîtier compact. La seule contrepartie est l’apprentissage du système push-button (deux boutons à appuyer plutôt qu’une bague à tourner). Au bout de 10 rouleaux, le geste devient automatique. C’est aussi le boîtier le plus produit des trois (environ 1,5 million d’exemplaires entre 1980 et 1985), donc le plus facile à trouver en occasion en 2026.
Prix marché 2026
- MX brut, état moyen : 150 à 250 €
- MX reconditionné, garantie 6 mois : 350 à 500 €
- ME brut, état moyen : 80 à 150 €
- ME reconditionné, garantie 6 mois : 200 à 320 €
- ME Super brut, état moyen : 100 à 200 €
- ME Super reconditionné, garantie 6 mois : 250 à 400 €
Le MX est sensiblement plus cher que le ME et le ME Super, principalement à cause de sa réputation pro et de sa mécanique sans électronique appréciée des collectionneurs.
Notre traitement à l’atelier
Les trois boîtiers partagent la même base mécanique, donc le même process en 6 étapes (voir notre article K1000 pour le détail). Différences spécifiques :
Sur le MX, vérification du sélecteur de vitesses mécanique et des contacts LED dans le viseur. Les contacts peuvent s’oxyder après 30 ans et donner des indications de mesure erratiques.
Sur le ME, vérification du sélecteur AUTO/MANUEL et du mode 1/100 mécanique de secours. Le mode B doit fonctionner sans pile.
Sur le ME Super, contrôle approfondi des deux contacts push-button vitesse. Sur les exemplaires très utilisés, ces contacts peuvent se désaligner ou s’oxyder. Nettoyage des contacts et resserrage des ressorts internes.
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Cet article fait partie du Dossier Pentax K : système complet, boîtiers reconditionnés en stock, lexique des sigles et process atelier.