Pentax Spotmatic (1964) : l’un des premiers reflex 24×36 à mesure TTL

Asahi Pentax SP1000, de la famille Spotmatic, avec un objectif Fujinon 55 mm f/2,2 en monture M42

Le Pentax Spotmatic sort en 1964. C’est l’un des premiers reflex 24×36 à mesurer la lumière à travers l’objectif (TTL, Through The Lens), avec une cellule intégrée au boîtier. Un an plus tôt, le Topcon RE Super avait ouvert la voie. Le Spotmatic, lui, restera produit, sous de nombreuses versions, jusqu’en 1976. Voici son histoire, et pourquoi il reste un boîtier intéressant en 2026.

1963-1964 : la course à la TTL grand public

Au début des années 60, la mesure TTL est toute nouvelle. Le Topcon RE Super (1963) est le premier reflex 24×36 à mesurer la lumière à travers l’objectif, avec une cellule CdS placée derrière le miroir, et il mesure à pleine ouverture. Ailleurs, on mesure encore avec un posemètre séparé, à main ou fixé sur le boîtier.

Pentax avait montré dès la Photokina de 1960 un prototype appelé Spotmatic, avec une mesure spot, d’où son nom. Le boîtier de série, en 1964, change de principe : il mesure la moyenne de l’image.

La solution retenue est la mesure TTL à diaphragme fermé (stop-down) : deux cellules CdS sont placées de part et d’autre de l’oculaire, dans le prisme. Pour mesurer, vous basculez un levier sur le côté de la monture : le diaphragme se ferme à l’ouverture choisie et la mesure s’allume. Vous centrez l’aiguille en réglant la vitesse ou l’ouverture, puis vous déclenchez. C’est plus lent qu’une mesure à pleine ouverture, mais c’est simple et fiable.

1964 : sortie du Spotmatic

Le Spotmatic de série sort en 1964, quatre ans après le prototype de la Photokina. Ses caractéristiques :

Reflex 24×36 mécanique. Obturateur à plan focal à rideaux en tissu. Vitesses de 1 s à 1/1000 s, plus la pose B. Synchro flash X à 1/60 s.

Mesure TTL à diaphragme fermé par deux cellules CdS. Une aiguille dans le viseur.

Monture M42 (vis de 42 mm au pas de 1 mm), celle de l’Asahi Pentax de 1957. Tous les objectifs Takumar à vis s’y montent.

Boîtier métal, environ 620 g sans objectif, 143 × 92 × 50 mm.

Le levier de mesure ferme le diaphragme : il sert donc aussi à vérifier la profondeur de champ.

Il est vendu avec un Super-Takumar 55 mm f/1,8 ou un 50 mm f/1,4.

Le succès commercial

Le Spotmatic devient le pilier de la gamme Asahi Pentax pendant plus de dix ans. Pentax le décline en de nombreuses versions, jusqu’aux modèles économiques SP500 (1971) et SP1000 (1974), et les derniers Spotmatic sortent d’usine vers 1976, après l’arrivée de la monture K.

Les chiffres de production qui circulent (quatre millions, parfois plus) ne s’appuient sur aucune source Pentax, et je ne les reprends pas. Ce qui est sûr, c’est qu’il en reste beaucoup aujourd’hui, et que la plupart attendent une révision.

Les variantes du Spotmatic : SP, SP II, SPF, ES, ES II

Pentax décline le Spotmatic en plusieurs versions :

Spotmatic (SP, 1964) : la version d’origine, mesure TTL à diaphragme fermé, mécanique.

Spotmatic II (1971) : il garde ses cellules CdS. Il gagne une griffe flash, des sensibilités jusqu’à 3200 ASA, et accepte les nouveaux objectifs Super-Multi-Coated Takumar (en mesure à diaphragme fermé).

Electro Spotmatic / ES (1971) : version automatique en priorité à l’ouverture. Selon Pentax, c’est le premier reflex au monde à combiner priorité à l’ouverture et obturateur à commande électronique.

ES II (1973) : évolution de l’ES.

Spotmatic F (SP F, 1973) : il mesure à pleine ouverture avec les objectifs Takumar multicouches qui ont un petit ergot de transmission de l’ouverture. Avec les anciens Takumar, il revient à la mesure à diaphragme fermé.

Le Spotmatic en 2026 : pourquoi c’est un excellent reflex argentique pour débuter

Soixante-deux ans après sa sortie, le Spotmatic reste un boîtier intéressant :

Sa mécanique sans électronique se révise et se répare. Seule la mesure a besoin d’une pile, le reste déclenche sans.

La mesure à diaphragme fermé est plus lente, mais elle oblige à comprendre la relation entre vitesse, diaphragme et lumière. Pour apprendre, c’est une bonne école.

Le catalogue Takumar est immense. Un point d’attention : plusieurs Takumar de cette époque, dont les 50 mm f/1,4 et la plupart des 55 mm f/1,8 produits à partir de 1965, contiennent du verre au thorium, un élément faiblement radioactif. Je ne vends pas et je ne traite pas ces objectifs. Tout est expliqué dans l’article sur les Takumar au thorium.

Le Spotmatic, en chrome ou en noir, a aussi une vraie présence. C’est un boîtier qui vieillit bien.

Notre traitement du Spotmatic à l’atelier

Les Spotmatic qui passent à l’atelier suivent le même protocole que les autres reflex. Trois points leur sont propres :

Les mousses d’étanchéité à la lumière. Sur les exemplaires jamais révisés, elles sont souvent réduites à une pâte noire. Nous les remplaçons systématiquement.

Le posemètre CdS. La pile au mercure d’origine n’est plus fabriquée. Nous vérifions la mesure avec une pile actuelle, sur source lumineuse calibrée.

Le levier de mesure. Il est mécanique et peut se gripper avec le temps. Nous le démontons, le nettoyons et le regraissons.

Les boîtiers que nous révisons passent en boutique au fil de l’atelier, quand ils sont prêts. Voir les reflex reconditionnés en boutique.

Cet article fait partie du Dossier M42 : histoire de la monture, boîtiers, objectifs Takumar et travail de l’atelier.

Pour aller plus loin

Sources

  • Ricoh Imaging, historique Pentax (Electro Spotmatic, Super-Multi-Coated Takumar)
  • camera-wiki.org, « Pentax Spotmatic » (prototype Photokina 1960, cellules, caractéristiques, variantes)
  • Wikipedia, « Pentax Spotmatic » et « Topcon RE Super »
  • camera-wiki.org, « Takumar » (objectifs au thorium)

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