Le Pentax LX sort en 1980, pour les soixante ans d’Asahi Optical : LX, c’est 60 en chiffres romains. C’est le reflex professionnel 24×36 de Pentax. Trois choses le distinguent : une mesure qui lit la lumière sur le film pendant la pose (IDM), des joints contre la poussière et les projections d’eau, et des viseurs interchangeables. Il reste au catalogue, en série puis en éditions limitées, jusqu’en 2001.
Pentax dans le marché pro à la fin des années 70
À la fin des années 70, le reflex professionnel 24×36, c’est surtout Nikon (F2, puis F3 en 1980) et Canon (F-1, puis New F-1 en 1981).
Pentax a une solide réputation auprès des amateurs avec le Spotmatic et le K1000, mais pas de boîtier système pour les professionnels. Le LX vient combler ce manque, avec un parti pris différent de Nikon et Canon : un boîtier pro qui reste compact.
Un boîtier pro compact
Avec son viseur standard FA-1, le LX pèse autour de 570 g. Pour un boîtier à viseurs interchangeables de 1980, c’est léger.
Sa grande force est ailleurs : il continue de fonctionner sans pile. Les vitesses de 1/75 s à 1/2000 s et la pose B sont mécaniques. Seules les vitesses lentes, de 1/60 s à 4 s, et l’automatisme demandent du courant. Un pro qui tombe en panne de pile peut donc continuer à travailler.
Le design n’a rien d’ostentatoire. Il a bien vieilli, et c’est tout ce qu’on lui demande.
La mesure IDM : la rupture technique
Le LX utilise une mesure que Pentax appelle IDM (Integrated Direct Metering), une mesure directe sur le film.
Sur la plupart des reflex de l’époque, la cellule mesure la lumière avant la prise de vue, puis le boîtier applique la vitesse calculée. Sur le LX, une cellule au silicium placée au fond du boîtier mesure la lumière réfléchie par le film pendant l’exposition, et ferme l’obturateur quand la pellicule a reçu assez de lumière. Si la lumière change pendant la pose, la mesure suit.
Conséquence pratique : en priorité à l’ouverture, le LX expose automatiquement de 1/2000 s à 125 s, en continu. Le Nikon F3 s’arrête à 8 s en automatique, le Canon New F-1 aussi avec son viseur AE.
Pour la photo de nuit ou en intérieur sombre, ça change la pratique. Vous posez le LX sur un trépied, vous cadrez, vous déclenchez, et le boîtier gère lui-même une pose qui peut durer deux minutes.
L’étanchéité partielle
Le LX a des joints contre la poussière et l’humidité sur ses commandes : boutons, molettes et ouvertures du boîtier. Pentax présentait le LX comme résistant à la poussière et aux projections d’eau. En 1980, c’était rare.
Cette protection est partielle. Le LX supporte la pluie fine, la poussière et l’humidité, pas l’immersion.
Viseurs interchangeables
Comme le Nikon F3, le LX a un viseur amovible. La gamme compte plusieurs viseurs et oculaires :
Le FA-1 est le viseur à prisme standard.
Le FA-2 est un viseur à prisme simplifié, sans griffe flash ni affichage de l’ouverture.
Le FA-1W, le FE-1 et le FF-1 complètent la gamme des viseurs.
Le FB-1 est une base qui reçoit trois oculaires, le FC-1, le FD-1 et le FD-2. En comptant ces oculaires, on arrive à neuf références.
Cette modularité a fait du LX un boîtier apprécié pour les usages techniques, où l’on adapte la visée au travail à faire.
Production 1980-2001 : 21 ans dans une gamme pro
Pentax produit le LX de 1980 à 2001. En chemin, plusieurs éditions limitées sortent, la dernière en 2000 :
LX Gold (1981) : 300 exemplaires plaqués or, avec un 50 mm f/1,2 assorti, pour fêter les dix millions de reflex Pentax produits.
LX Titanium (1994) : 1 000 exemplaires, pour les 75 ans d’Asahi.
LX Limited (1996) : 300 exemplaires.
LX 2000 (2000) : édition vendue avec un SMC Pentax-A 50 mm f/1,2.
Avec une carrière qui s’étend jusqu’en 2001, le LX fait à peu près aussi long que le Nikon F3, sorti la même année et arrêté vers 2000-2001.
Notre traitement du LX à l’atelier
Un point à savoir avant d’acheter un LX : Ricoh indique aujourd’hui ne plus pouvoir réparer ses reflex argentiques, faute de pièces. Un LX en panne dépend donc d’un atelier indépendant. À l’atelier, nous regardons trois points en particulier :
La mesure IDM. La cellule au silicium vieillit bien, mais ses contacts avec le circuit peuvent s’oxyder. Nous vérifions la mesure sur une source lumineuse calibrée, y compris sur les poses longues.
Les joints autour des commandes et du dos. Sur un LX jamais révisé, ils sont souvent durcis ou friables. Nous les remplaçons.
Le verre de visée amovible. Sur les boîtiers très utilisés, son maintien peut prendre du jeu. Nous vérifions sa tenue et son alignement.
Le reste suit le protocole de l’atelier :
- Diagnostic complet, viseur, dos et verre de visée retirés
- Nettoyage du prisme, du miroir, de la chambre et de la cellule IDM
- Remplacement des mousses d’étanchéité à la lumière et des joints
- Vitesses recalibrées, calibrées via un testeur d’obturateur professionnel
- Mesure vérifiée sur source lumineuse calibrée, automatisme contrôlé jusqu’aux poses longues
- Contrôle cosmétique, photos en lumière naturelle, puis garantie 6 mois (1 an pour les Éditions ATELIER)
Les Pentax K que nous révisons passent en boutique au fil de l’atelier, quand ils sont prêts. Voir les reflex reconditionnés en boutique.
Cet article fait partie du Dossier Pentax K : histoire de la monture, boîtiers, lexique des sigles et travail de l’atelier.
Pour aller plus loin
- La monture Pentax K : pourquoi Pentax a quitté le M42 en 1975
- Pentax K1000 : la référence des écoles photo
- Notre process de reconditionnement en 6 étapes
Sources
- Mode d’emploi Pentax LX (vitesses mécaniques et électroniques, synchro), archive butkus.org
- Wikipedia, « Pentax LX » (lancement, IDM, viseurs, éditions limitées)
- K-Mount Page, fiches Pentax LX et viseurs (kmp.pentaxians.eu)
- Nikon, chronique du F3 (automatisme de 8 s à 1/2000 s)
- Ricoh Imaging Japon, liste des produits dont la réparation est terminée
