Aujourd’hui, je vous emmène au début des années 60, avec un appareil photo argentique qui a marqué son époque : le Minolta Hi-Matic.
L’exposition automatique
Sorti en 1962, le Hi-Matic est le premier appareil 35 mm de Minolta à exposition vraiment automatique : il choisit à la fois la vitesse et l’ouverture, de 1/30 s à f/2,8 jusqu’à 1/250 s à f/16. Vous cadrez, vous faites la mise au point avec le télémètre couplé, vous déclenchez. C’est déjà l’esprit du « point and shoot », avant que l’expression ne se répande.
Une cellule sans pile
La mesure de la lumière passe par une cellule au sélénium, la grande fenêtre alvéolée sur la face avant. Le sélénium produit lui-même le courant dont il a besoin : le Hi-Matic n’utilise pas de pile. Le revers, c’est que ces cellules vieillissent. Après soixante ans, beaucoup mesurent mal, et c’est la première chose à vérifier sur un exemplaire.
Un appareil dans l’espace
Le 20 février 1962, John Glenn devient le premier Américain en orbite, à bord de Friendship 7. Dans la capsule, il emporte un Ansco Autoset : un Minolta Hi-Matic vendu sous la marque Ansco, qu’il avait acheté dans une pharmacie de Cocoa Beach. Les techniciens de la NASA y ajoutent une poignée pistolet et un viseur plus grand, pour qu’il puisse s’en servir avec son casque. Selon le National Air and Space Museum de Washington, qui conserve l’appareil, Glenn a pris avec lui les premières photos couleur de la Terre faites par un être humain.
Une longue lignée
Le Hi-Matic ouvre une longue série de télémétriques chez Minolta : Hi-Matic 7, 7s, 9, 11, E, F, G, puis les versions autofocus. Si vous en croisez un, regardez d’abord la cellule et la propreté de l’objectif.
Restez à l’affût pour le prochain épisode, et bonne photo !
Sources : National Air and Space Museum, fiche « Camera, Ansco, 35mm, Glenn, Friendship 7 » et article « Another Journey for John Glenn’s Ansco Camera » ; Joe McGloin, « The History of Minolta » (subclub.org).